Le discours des 10 ans

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La Haute Société a fêté ses 10 ans le 29 mai à La Belle Electrique.
Et évidemment, entre deux petits-fours et quelques coupettes, notre Leader Maximo le bien-aimé Christophe Bernard (loué soit-il ! Hosannah ! Hosannah au plus haut des cieux !) n’a pas pu couper au traditionnel discours, évidemment fait le matin même avec un goutte de sueur qui perle sur le front. Le Grand Mamamouchi (Jérôme Balmain) n’a pas pris la parole mais soutenait mentalement Christophe, une bière à la main, comme le montre la photo ci-dessus. Il est d’ailleurs beaucoup question de houblon et de malt fermenté dans le discours de Chris, reproduit ici in extenso. Pour le plaisir, comme dirait Herbert :

Bonsoir à toutes et à tous,

Nous sommes infiniment heureux de vous accueillir dans ce magnifique lieu qu’est La Belle Electrique pour fêter les 10 ans de La Haute Société.
Une salle qui accueille des musiciens, faite pour des musiciens : cela nous semblait le plus approprié pour une agence qui comporte un grand nombre de passionnés de musique.
D’ailleurs nous n’allons pas simplement investir la salle et le bar, mais également la scène, car nous vous avons préparé quelques surprises et vous allez pouvoir admirer certains Haut Sociétaires se transformer en Rock Star d’un soir, je suis certain que vous allez apprécier.

Je reviens à cette anniversaire. 10 ans.
C’est fou ce que l’on peut faire en 10 ans.

Alors vous n’allez pas échapper à la partie du discours qui retrace méticuleusement les débuts d’une aventure comme la nôtre.
D’ailleurs, vous l’avez sans doute tous déjà entendu autour de vous, quand on évoque la création d’entreprise, en France, on entend souvent qu’entreprendre en France c’est de la folie, qu’il faut du courage où être inconscient .

Alors au début nous avons eu des encouragements comme : « vous n’allez jamais y arriver », « il n’y a pas de place à Grenoble pour une agence Digitale », ou encore : « 70 % des entreprises ne passe pas le cap de la 3 eme année »…
Sans faire de politique, on a un terreau un peu sec en France pour faire pousser des entreprises.

Bref, voilà notre histoire : tout débute en 2005.
Avec Jérôme Balmain, mon associé, nous avions pris toutes les précautions. Nous avions préparé un business-plan pendant 6 mois, rencontré des centaines de spécialistes pour nous conseiller, des avocats, des experts comptables, nous avons passé des semaines à réfléchir à notre positionnement, à notre stratégie, nous avons rencontré des dizaines d’investisseurs, des banques prêtes à partager les risque avec nous et enfin, une fois que tout était parfaitement au point, nous nous sommes lancé dans l’aventure et nous voilà tous ensemble réunis aujourd’hui !

Bon, en fait, ça c’est ce qu’on aurait du faire.
Car j’ai le regret de vous avouer que ça ne s’est pas vraiment passé comme ça.
Voilà la vérité. Il fallait qu’elle soit dite un jour.
En 2005 , J’habitais Le Touvet, Jérôme habitait Pontcharra.
C’était le début du printemps , il faisait beau. J’ai appeléJérôme chez lui pour savoir si je pouvais venir voir le match de foot.
Il m’a accueilli en caleçon et en charentaises. Sachez que Jérôme est quelqu’un qui cultive l’élégance en toutes circonstances.
Il m’a dit : « ça va ? »
J’ai répondu : « ouais »
Il m’a dit : « tu veux une bière ? j’en ai au frais »
J’ai dit : « ouais, je veux bien et sinon ça te dit qu’on monte une agence digitale à Grenoble ? »
Il m’a dit : « heu ouais, mais après le match ok ? »

Voilà. C’est quasiment mot pour mot ce qui s’est passé.

Quelques jours après on participait à un gros appel d’offre pour Val Thorens face à de grandes agences. On passe l’oral, et le lendemain j’apprend qu’on a gagné. Je téléphone à Jérôme pour lui dire qu’il fallait qu’on embauche au moins trois ou quatre personnes et qu’on devait les trouver dans la semaine.
Il me répond : « pas de problème ».
Malheureusement le surlendemain on apprend qu’on a finalement perdu. Ces messieurs n’avaient pas tout à fait compris qu’on était simplement 2 fous et que la société n’était même pas immatriculée…
J’appelle Jérôme pour lui dire.
Il me répond : « pas de problème ».

Les bases de notre collaboration étaient bien en place.

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Un recueillement total, presque mystique. Toutes les forces vives de l’agence dans une fusion d’Esprit avec la Parole et le Verbe de Christophe Bernard. Amen. (Photo : Florent Forestier)

Je ne vais pas revenir sur le détails de ces dix dernières années, il y aurait trop de choses à raconter.
Pour être un peu sérieux, c’est aussi parce que nous n’étions pas des entrepreneurs dans l’âme que nous avons inventé au jour le jour nos propres méthodes, notre propre vision de l’entreprise. Sans jamais se le dire formellement, nous savions que nous partagions les même valeurs de respect, d’exigence, d’amour du travail bien fait, la même volonté de mettre l’humain et la sincérité au centre de tout, aussi bien avec nos équipes qu’avec nos clients.

Nous avons implicitement convenu que la première règle était qu’il n’y en avait pas, qu’en faisant simplement des choses folles et impossibles chaque jour, nous avancerions naturellement vers là où nous souhaitions inconsciemment aller. Tout cela ne s’apprend pas dans les écoles de commerce, ou d’ingénieur. De toute façon on n’avait pas fait ces écoles, c’est peut être ce qui nous a sauvé d’ailleurs.

Mais bien sûr, ce soir, c’est d’abord à nos clients et aux équipes de La Haute Société que je veux rendre hommage.
Sans eux nous ne sommes rien, c’est évident. Mais surtout, nous nous sommes rendu compte que nous n’étions pas seuls à être un peu fous. Et il fallait l’être pour confier à une microscopique agence comme la notre, dès 2006, des projets complexes aux budgets conséquents comme l’on fait Rossignol, la Française des Jeux, Les Galeries Lafayette…
Et beaucoup d’autres ensuite, jusqu’à aujourd’hui où nous accompagnons des groupes internationaux, et le deuxième opérateur français de télécommunications (SFRNumericable) dans sa stratégie digitale.

Nous avons rencontré des gens extraordinaire qui ont su nous faire confiance, certains sont devenus des amis, je ne peux évidemment pas tous les citer mais j’ai une pensée particulière pour les plus fidèles d’entre eux : Agnès et Maryse d’Araymond, qui nous poussent à toujours plus d’exigence, Boris de chez Petzl qui partage avec nous les valeurs de professionnalisme et de relation simple et sincère , Grégoire Dupiellet évidemment, qui de la Française des Jeux à SFR a toujours su nous faire confiance, ça ne s’oublie pas. Grégoire qui a fait l’exceptionnel effort de quitter son bureau parisien une journée entière, je suis sur que son épouse Valérie nous remerciera pour ça.
Et bien sûr Pascal Champaney qui au tout début m’as dit : « tu ne peux pas travailler chez toi, je te donne une chaise, un bureau, une connexion Internet et tu t’installes dans mon entreprise un petit moment ».
Je lui ai dit : « cool, tu veux une bière ? »
Ce petit moment à duré plusieurs années, merci Pascal.

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Mais shuuuuuut enfin ! Christophe n’a pas encore fini ! Rhoooooo mais c’est pas vrai ça ! Photo : Florent Forestier

Et il a fallu également recruter des gens assez fous pour nous rejoindre et réaliser ces projets.
Et comme c’est aussi leur anniversaire, je vais être obligé de tous les citer et vous aller devoir subir quelques private joke (je vous laisserai vous rapprocher des intéressés si vous ne comprenez pas toutes ces mauvaises blagues).

Je pense à Hélène, notre première développeuse que je suis allé débaucher à la sortie de son entreprise de l’époque.
Je lui ai dit : « on vient de créer une agence, on n’a pas un centime et il faut travailler 68 heures par semaine et on n’est pas sur de pouvoir te payer. »
Elle m’a dit : « ah ouais trop cool, on va boire une bière ? »

Je pense à Emilie, tranquillement installée dans une grande société de la région et qui a pris le risque de nous rejoindre alors que nous n’étions rien, et qui est aujourd’hui la meilleure assistante du monde.

Je pense à David, parti depuis au Canada, et qui avait réussi l’exploit d’être nommé 12 fois consécutivement employé du mois.

Je pense à Alban que nous avons mis plus d’un an à convaincre, et que nous avons eu à l’usure, et qui depuis est devenu le premier Directeur Technique au Monde a avoir fait un constat d’accident entre un balai et une voiture. Tout est vrai et je vous laisse imaginer la tête de l’assureur quand il a reçu le constat.

Je pense à Pascal qui stresse à mort ce soir car il va monter sur scène dans quelques heures, et qui du coup doit râler un petit peu plus que d’habitude.

Je pense à Maxime, notre directeur de création, qui lors de son entretien d’embauche a réussi l’exploit de ne quasiment rien nous montrer malgré notre insistance à simplement voir ses réalisations. On l’a embauché quand-même, il avait l’air cool et il avait une montre de Directeur Artistique. C’est une montre design mais elle ne donne pas l’heure.

Je pense à Alexis qui n’est jamais parvenu, en 7 ans, à arriver à l’heure une seule fois le matin, et qui du coup a développé une technique unique pour coder plus vite qu’il ne pense.

Je pense à Mimie, à Pierre, à Guigui, tous membres de la secte de adorateurs de la grille à pixels, capable d’être toujours créatifs quelles que soient les conditions, les contraintes, et les délais.
Mimie sera d’ailleurs responsable avec Pierre des habillages vidéos de la soirée et je les remercie pour leur travail et leur créativité.

Je pense à Clément qui, à peine embauché, est reparti faire des milliers d’aller-retours à Paris, et qui détient sans doute le plus grand nombre de points possibles sur une carte Grand Voyageur. D’ailleurs on se demande encore comment il a pu trouver le temps de faire des jumelles. Sûrement pour voir plus loin.
Clement et moi ne sommes jamais d’accord sur rien , il est têtu comme une mule, et je crois que c’est pour cela qu’ensemble nous sommes très efficaces.

Je pense à Viktor, né à Grenoble, mais convaincu d’être Belge depuis un séjour à Bruxelles, qui se levait pendant les match de la Belgique lors de la dernière coupe du monde pour chanter l’hymne du plat pays, la main sur le coeur. Ca peut surprendre.

Je pense à Laure, la chef de projet la plus calme du monde, qui supporte les cris et les hurlements des développeurs à longueur de journée sans jamais faillir dans ses missions.

Je pense à Stéphane, le chef de projet le moins calme au monde, surnommé « Totor la Ritaline » : un défi quotidien pour la science et la recherche sur l’hyper-activité. Totor a épuisé à lui seul plus de 200 personnes chez SFR.

Je pense à Annabelle, qui parle à peu près mille fois plus vite que je ne pense, et à qui je demande systématiquement de répéter plusieurs fois les choses avant de comprendre ce qu’elle veut dire.

Je pense à Thibaut qui nous abandonné pour aller vivre dans une cabane dans la montagne, et qui nous émerveillait souvent quand il se déguisait en princesse, et dansait joyeusement dans les open spaces. Tu nous manques un peu, Thibaut .

Je pense à Sophie qui prouve que les blagues sur les blondes sont sans fondement et qui apporte chaque jour charme, élégance et efficacité à l’agence.

Je pense à Jérôme Narcy qui a sauvé à lui seul l’industrie des polos roses.

Je pense à José sans qui rien n’aurait été possible ce soir, et que vous pourrez applaudir sur scène un peu plus tard avec le super groupe LHS Deluxe, un vrai groupe composé de vrais musiciens, et aussi de vrais membres de La Haute Société.

Je pense à Maxime Colin qui prouve que la campagne montbéliarde ne produit pas que des saucisses, mais aussi des personnes de très grand talent qui savent se rendre indispensables.

Je pense à Noopy, inventeur de la machine à broyer les croutes de pizzas, capable de coder sur trois écrans différents tout en regardant Youtube sur un quatrième.

Un pensée également pour les derniers arrivés :

Yohann, le petit dernier qui pour nous convaincre de son potentiel et se faire embaucher, nous a expliqué qu’il élevait des chats… tout est vrai encore une fois.

David, qui a fait le pari de quitter une autre belle agence pour nous rejoindre et qui apporte son esprit Funk sur les dossiers, et sa guitare au bureau.

Maxime Guy, directeur artistique de grand talent, qui , face à la prédominance du nombre de Maxime dans l’agence, a été rapidement surnommé MaGuy, puis Rosie Varte; ce n’est pas toujours facile à vivre je pense.

Je pense bien sûr à toux ceux qui font leur apprentissage ou leur stage à l’agence : Sarah, Imad, Théo, Quentin, Jonathan, Cucu, Alexandra… qui ont rapidement compris qu’on faisait très peu de différences entre un salarié et un apprenti ou un stagiaire, et qu’on attendait autant, sinon plus d’eux.
Nous sommes aussi vigilants sur l’embauche des apprentis et stagiaires que sur des embauches classiques, car nous savons bien sur que ce seront peut être les Haut sociétaires de demain. La preuve : beaucoup de ceux précédemment cités ont débuté chez nous comme apprenti ou stagiaire.

Et enfin, Jérôme et moi avons une pensée spéciale pour nos familles, nos compagnes et nos enfants, qui ont accepté de sacrifier vacances et week-ends, de manger des nouilles sans beurre pendant quelques années, et qui nous ont supporté contre vents et marées.
Voilà. Merci un million de fois de votre présence.
Je déclare la cérémonie des 10 ans de La Haute Société officiellement ouverte !

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Allez c’est parti, le discours est fini, les fauves sont lâchés. Photo : Florent Forestier